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"le
droit s'inscrit infailliblement dans une langue, participe
inévitablement d'une culture et relève invariablement d'une
tradition"
P. Legrand, "La
leçon d'Apollinaire", in L'harmonisation du droit des contrats
en Europe, Colloque, Sous la direction de C. Jamin et D.
Mazeaud, Economica 2001, p. 37, spéc. p. 38
- La culture française et plus
particulièrement le classicisme
- La culture juridique française
Cette section n'a pas pour objet de proposer un panorama de la culture
française : les études sont consacrées au droit et non à la littérature, au
théâtre ou à la philosophie.
 | Toutefois, le droit, de par ce qu'il est tentative d'appréhender la vie
sociale, est indissociable d'une histoire et d'une culture qui l'influencent
sans cesse. |
En effet, "le droit est la plus puissante des écoles de
l'imagination. Jamais poète n'a interprété la nature aussi librement qu'un
juriste la réalité" (J. Giraudoux, La Guerre de Troie n'aura pas
lieu, Acte 2, scène V, éd. La Pléïade- Théâtre complet, Gallimard
1982, p. 552).
Lire les ouvrages de M. le Professeur Philippe Malaurie, Droit et
Littérature, éd. , et Anthologie de la pensée juridique, 2ème
éd. Cujas.
 | L'influence principale subie par le monde juridique est sans doute celle du
courant littéraire, artistique et philosophique du XVIIème siècle, à savoir l'école
du classicisme. |
Ce mouvement a irradié tous les arts : littéraire (Boileau,
Bossuet...), théâtral (Racine, Corneille...), pictural, architectural (Mansard)
; la philosophie (Descartes), les sciences (Descartes encore) en sont aussi
imprégnées.
L'essence de la culture française prendre racine dans ce Grand
siècle dont la philosophie des Lumières est la fille aînée, de par sa
volonté de répertorier les connaissances en Dictionnaires et
Encyclopédies (Diderot).
De ce mouvement, il nous faut retenir trois noms, pour l'influence qu'ils ont
eu, et qu'ils ont toujours, sur le monde juridique :
-
Bossuet
-
Boileau
-
et surtout René
Descartes
Pour plus de détails, consultez la page consacrée au classicisme.
haut de page
- Qu'est-ce qu'une culture
juridique ?
- Qu'est-ce que
la culture juridique française ?
Selon M. Antoine Garapon, c'est "un ensemble de présupposés
partagés qui orientent le raisonnement, les valeurs et les perceptions d'un
groupe social." (Bien juger, Essai sur le rituel judiciaire, Ed. Odile
Jacob, 1997, p. 149).
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Ce sont aussi bien les
symboles comme le Code civil en France ou l'Habeas Corpus au
Royaume-Uni, que tous les non-dit sous-jacents de la vie juridique.
"Chaque système juridique énonce avec force détails
certains points de droit tandis qu'il laisse certains autres
dans l'implicite" (Antoine Garapon, Bien juger, Essai sur le
rituel judiciaire, Ed. Odile Jacob, 1997, p. 150). |
| C'est tout le poids du « non-droit » :
ainsi que l’a fort bien montré le Doyen Jean Carbonnier,
dans Flexible droit : pour une sociologie sans rigueur (7ème
éd. Paris 1992), certaines matières en France ne font l’objet d’aucune régulation
législative, réglementaire ou déontologique. |
Sur cette
question, pour une comparaison avec le droit anglais qui connaît aussi ce
« non-droit », lire John Bell, French Legal Cultures,
Butterworths 2001, p. 49.
Ainsi, "saisir une culture revient (...) à s'efforcer de formuler ce
qui est si évident pour ses membres que "cela va sans dire"."
(Antoine Garapon, Bien juger, Essai sur le rituel judiciaire, Ed. Odile Jacob,
1997, p. 150).
Qu'est-ce que la culture juridique française ?
Tout juriste de tradition de Common Law,
lorsqu’il aborde le droit français, et tout droit de la famille
romano-germanique, souligne :
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quant au
fond :
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le poids de la loi, au sens de norme législative, et du code,
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le poids de la théorie, des concepts, dans l’étude
du droit français, (Lire John Bell, French Legal Cultures,
Butterworths 2001, p. viii et 246). |
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Par exemple, un
cours d’introduction au droit, construit selon la
méthode cartésienne, commence toujours par définir la notion de
droit objectif et de droit subjectif, avant d’expliquer en quoi consiste le
droit des personnes (le nom, le domicile, l’état civil).
Les concepts sont
perçus comme des outils permettant au juriste de se mouvoir dans le
monde de la pratique du droit (avocat, magistrat, juriste d'entreprise...) avec
aisance même face à des questions nouvelles.
De ce fait, les
études de droit en France ne privilégient pas autant la pratique que les
études dans les pays de Common Law. Sur ce point, vous lirez avec
profit les propos des étudiants recueillis par Andrea Nollent, Sheffield Hallam
University,
Legal education in France and England: a comparative study
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quant à la forme :
la structure particulière des exercices
juridiques, le plus souvent abordés à travers le
fameux plan en deux parties, deux sous-parties. |
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Cela oblige à une construction
intellectuelle : la matière ne peut pas être abordée, comme cela est
courant en Common Law, en dix parties, c’est-à-dire avec autant de
parties que de questions juridiques.
Là encore, se fait sentir le poids
de la méthode cartésienne, montrant combien la forme reflète le fond.
Sur cette
question, imprégnez-vous de la méthodologie.
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